Le Vieux-Lille à pied, de la place aux Oignons à la rue de Gand
Une heure de marche, quatre de nos maisons sur le chemin, et de quoi comprendre pourquoi ce quartier a remis l'estaminet à table.

Photographie d'archives
Publié le 4 septembre 2026
Par où commencer ?
Par la place aux Oignons. Le nom ne doit rien au légume : c'est une déformation de « donjon », celui du château des comtes de Flandre qui s'élevait ici, au bord de la Deûle, avant que la ville ne le recouvre. La place est petite, pavée, bordée de maisons basses du XVIIe siècle qui ont failli disparaître dans les années 1970, quand le quartier tombait en ruine. Au Vieux de la Vieille en occupe une, Au Petit Vieux une autre, en face. C'est le cœur historique du quartier.
Rue de la Monnaie, Hospice Comtesse
Descendez par la rue de la Monnaie, qui tient son nom de l'atelier où l'on frappait celle des comtes. Au numéro 32, l'Hospice Comtesse : fondé en 1237 par Jeanne, comtesse de Flandre, reconstruit après un incendie au XVe siècle, il a soigné les pauvres de la ville jusqu'à la Révolution. Aujourd'hui musée, il garde sa salle des malades, sa chapelle et sa cuisine carrelée de bleu. Comptez une demi-heure si vous entrez, cinq minutes si vous regardez la cour depuis la rue.
La cathédrale que Lille a mis un siècle et demi à finir
Un détour par la rue Basse et ses façades de brique et de pierre blanche, le style qu'on appelle ici flamand : brique rouge, pierre calcaire, cartouches sculptés au-dessus des fenêtres. Puis Notre-Dame-de-la-Treille, commencée en 1854 dans le goût du Moyen Âge, restée sans façade pendant un siècle, et fermée en 1999 par un voile de marbre translucide qui rosit de l'intérieur quand le soleil donne. On l'aime ou on la déteste, mais on ne l'oublie pas.
Rue de Gand
La rue de Gand est la rue des estaminets, celle où le quartier a retrouvé sa table dans les années 1980 et 1990. Chez la Vieille au numéro 60, La Vieille France au 51, L'Estaminet du Welsh au 45 : trois de nos maisons à cent mètres les unes des autres, dans des maisons du XVIIe siècle aux caves voûtées. Au bout, la porte de Gand, bâtie en 1620 sous les Espagnols, marque la fin du Vieux-Lille et le début de la ville de Vauban. Montez sur le rempart : la vue sur les toits vaut les marches.
Où s'arrêter ?
Le midi, Chez la Vieille, La Vieille France ou le Welsh, à cent mètres les uns des autres rue de Gand : trois cartes, trois ambiances. Le soir, revenez place aux Oignons : le quartier s'éclaire, les terrasses se remplissent, et la carbonade attend.
Combien de temps prévoir ?
Une heure de marche sans entrer nulle part, deux heures avec l'Hospice Comtesse, une demi-journée avec le déjeuner. Les pavés sont irréguliers : de bonnes chaussures. Et le dimanche matin, le Vieux-Lille est presque vide, c'est le meilleur moment pour le voir.
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